Observation nationale · Mortalité des personnes sans chez-soi en 2024
Vivre à la rue tue.
Le treizième rapport du Collectif Les Morts de la Rue documente une mortalité toujours plus massive et prématurée. Derrière les chiffres, des vies marquées par les ruptures, l’errance et l’absence durable d’un véritable chez-soi.
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Publication : octobre 2025
Une hausse continue
Un décompte qui ne cesse de progresser
En 2012, le CMDR recensait 413 décès de personnes sans chez-soi. En 2024, ce nombre atteint 912. Le rapport rappelle que cette hausse reflète à la fois l’aggravation du sans-abrisme et l’amélioration du dispositif de signalement.
Le nombre de décès recensés a plus que doublé entre 2012 et 2024.
Des parcours fracturés
L’errance s’installe, les vulnérabilités se cumulent
Migration, séparation, addictions, ruptures familiales ou institutionnelles : les événements se superposent. L’absence de logement devient alors un parcours durable plutôt qu’une parenthèse.
Une errance de plus de 5 ans
Parmi les parcours renseignés, près de trois personnes sur quatre étaient sans chez-soi depuis plus de cinq ans.
Une rupture liée à la mobilité
Plus de 40 % avaient connu une rupture associée à la migration ou à un déménagement.
Une population très masculine
Les hommes restent très majoritaires parmi les décès recensés, même si la part des femmes augmente.
Où meurt-on ?
Entre espace public et prise en charge tardive
Santé et causes de décès
Une mortalité évitable, encore mal documentée
Dans 40 % des cas, la cause du décès reste inconnue.
La rue expose à la violence, au froid, aux incendies, aux noyades et aux ruptures de soins. Les décès se produisent toute l’année : la saison hivernale est légèrement dominante, mais la chaleur et la déshydratation menacent également.
Des écarts territoriaux
Une concentration urbaine, des angles morts persistants
Plus de 90 % des décès recensés surviennent en zone urbaine. Ce constat reflète la concentration de la population et de la grande précarité, mais aussi celle des réseaux capables de signaler les décès.
Lire les chiffres avec précaution
Ce que le recensement ne montre pas encore
Un dénombrement non exhaustif
Les 912 décès recensés ne constituent pas une estimation complète de la mortalité. Certains décès ne sont découverts ou signalés que plusieurs années après leur survenue ; d’autres ne le sont jamais.
Des territoires inégalement couverts
Les réseaux de signalement sont plus structurés dans certaines régions urbaines. Les zones rurales et ultramarines restent moins couvertes, ce qui réduit la comparabilité directe des chiffres.
Des parcours de vie partiellement connus
Les informations reposent souvent sur les déclarations de tiers. Les causes de décès, les consommations, l’état de santé et les étapes de l’errance peuvent donc rester incomplets.
Une urgence sociale et sanitaire
Ces morts prématurées ne sont pas une fatalité.
Le rapport appelle à faire du logement une priorité absolue, à garantir la continuité des soins et à adapter les dispositifs aux réalités territoriales et climatiques. Répondre à l’urgence ne suffit pas : il faut permettre à chacune et chacun de retrouver un véritable chez-soi.
Consulter le site du CMDR